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Non, ces messieurs de Télérama, la colère, ce n’est pas la haine !


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Ne voit-on pas les raisons de l’exaspération ?

À la une de Télérama, hebdomadaire culturel, donc supposé intelligent, on peut lire cette semaine une question en forme d’ultimatum adressé aux acteurs de la société : « Pourquoi tant de haines ? » Une enquête sur « la montée de la violence verbale, le déferlement de diatribes mal maîtrisées, vengeresses, parfois carrément haineuses »…

À première vue, cette apostrophe résonne un peu comme un propos ingénu, un peu à la manière d’un enfant interrogateur, inquiet : « Dis, Papa, pourquoi les gens sont-ils méchants ? »

Alors, comme si le bon sens et l’observation, voire le témoignage, se trouvaient incapables de répondre, les auteurs de l’analyse interrogent un psychiatre, un anthropologue, une sémiologue, un historien et un spécialiste de la finance pour éclairer la lanterne de ceux qui n’auraient pas assez de clairvoyance pour avoir une idée assez précise de ce qui les concerne.

Dès les premières idées, on s’aperçoit qu’il s’agit d’un réquisitoire empreint d’une fausse naïveté mais d’une véritable ingéniosité, vindicative, orientée et assez malveillante en même temps que prétentieuse.
Ces experts estampillés désignent par le mot « haine », sentiment aussi irrationnel et inexplicable que monomaniaque, cette colère parfaitement motivée devenue phénomène social qui touche un grand nombre de citoyens. À l’aide de cette faute sémantique et de ce détournement conceptuel, ils tentent de délégitimer toute tentative d’opposition aux agressions dont nos concitoyens sont victimes puisque, en réalité, c’est cela qu’on nomme leur haine.

Or, l’analyse, dans sa verticalité, est à la fois trop partiale et trop partielle pour appréhender, dans le même temps, la véracité de l’affirmation, son prétendu développement, son ampleur supposée et, surtout, sa pertinence.

Qui pourrait nier que les brutalités dont notre civilisation est l’objet sont perpétrées, depuis des années, toujours par les mêmes et au nom d’une même idéologie que, dans le même temps, on tente d’implanter par la force sur notre territoire ?

Qui pourrait nier que ce qui a fait la force de notre société, c’est-à-dire sa règle républicaine, est aujourd’hui attaqué par ces mêmes propagateurs ?
Qui pourrait nier que le mensonge, le mépris et la prévarication sont devenus les outils communs de la pratique politique moderne ?
Qui pourrait nier que l’injustice dans la répartition des richesses sont une cause de la « fracture » sociale ?

Qui peut nier que la captation du suffrage universel existe et qu’elle manifeste, aujourd’hui, un déni total de démocratie ?

Qui pourrait nier qu’entre les agresseurs de la société et ceux qui la défendent, le premier des Français, par son statut, a choisi la cause des premiers ?
Ce choix se montre tel qu’il est, c’est-à-dire un « bras d’honneur » à tous ceux qui sont les laissés-pour-compte du système et qui, bien avant le terme de son mandat, lui ont montré la sortie.

Ne voit-on pas les raisons de l’exaspération ?
Rien ne sert de se boucher les yeux comme ces donneurs de leçons qui sont proches des réalités comme nous sommes proches des étoiles. Ce n’est pas faire preuve d’inconséquence que de dire :
attention, nous ne sommes pas éloignés d’un embrasement dont il sera difficile d’éteindre le foyer lorsqu’il se produira.

C’est juste faire preuve de discernement sur les maux réels de notre société.


Jean-Jacques Fifre
crédit:bvoltaire.fr



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