II serait prétentieux que de vouloir
traiter en quelques lignes 126 ans de présence Française.
Nous voulons éviter de dénaturer notre documentation en
la diluant dans un flot de textes et de commentaires. Notre récit
est la transcription fidèle de nos archives ou de notre documentation.
Il aborde l'arrivée des troupes Française, les quelques
dates qui firent Guelma, pour terminer avec ce qu'était cette ville
50 ans plus tard.
nb: Pour les autres images cliquez l'icone 'des
albums souvenirs' ci-dessus)
Pour un peu d'histoire
de la région guelmoise (dans l'antiquité)
(cliquez)
Le 8 Novembre 1836,l'armée
française, forte de 10 000 hommes, quittait Bône, se
dirigeant sur Constantine La colonne en marche forcée arriva
le 10 novembre dans le Ghelma des arabes, qui n'était qu'un
amas de ruines et de décombres antiques sur lesquels de tnstes
et rares gourbis se disséminaient ça et la entourés
de leurs ordinaires immondices Ces ruines antiques, étaient
les restes de l'occupation romaine, les témoins indéniables
d'une époque de splendeurs et de richesses que vivaient,
il y a dix huit siècles, les habitants de Guelma, autrefois
Calama . Comme toutes les plaines voisines,
de montagnes difficiles, les environs de Guelma étaient dépeuplées
et désertes, les villages des Ouled Dhann et autres kabyles
avaient ruiné le pays. Le général duc de Caraman,
un vieillard de 75 ans, arrache (du Général Clauzel) ce
glorieux éloge "II y a au dessus de tous ces mal heureux événements,
une chose qui m étonne et qui fait mon admiration c'est la résignation
avec laquelle le soldat supporte ses misères il n'a ni a boire
ni a manger, il se bat du matin au soir , il peut se coucher c'est dans
la boue , pas une plainte ne sort de sa bouche c'est admirable
" Le 11 janvier 1837, le général
Clauzel quitte Alger pour ne plus revenir Pendant ce temps la garnison de Guelma
résistait victorieusement a l'attaque de 2 000 à 3 000 mdigènes
A la fin de septembre 1837, le colonel Duvivier partit avec l'armée
pour prendre part à la seconde expédition (victorieuse)
de Constantine Ainsi, désormais a la retraite le Général
Clauzel aura la satisfaction d'apprendre la prise de Constantme moins
d'un an après son échec Quand l'occupation de Guelma fut décidée
de préférence a celle de Medjez-Amar, on éleva d'abord
des bâtiments permanents. Le général Duvivier fut
croyons nous le premier commandant supérieur de Guelma C'est lui
qui fit ouvrir le chemin Duvivier qui gravissait les collines au sud pour
ouvrir la route la plus courte sur Medjez Amar alors préféré
a Guelma Un budget présente par la commission
administrative pour l'exercice de 1845 renfermait les articles suivants: En 1846, la place de Guelma fut érigée
en chefferie indépendante de Bône. La Halle aux grains Guelma à la fin du siècle
dernier :La ville La porte de Bône (1880) Calama, ville romaine voisine de "Suthul",
la capitale des rois Numides, dont Jugurtha fut un de ceux qui opposèrent
la plus vive et la plus longue résistance aux Romains. D'importants
vestiges attestent, d'ailleurs, la véracité de cette hypothèse
que l'on peut considérer jusqu'à présent comme l'expression
la plus exacte de la vérité. Il s'agit d'abord les ruines
d'un théâtre romain construit dans les années 372
à l'époque de Valentinien. Dans l'enceinte de la Casbah,
à l'extrémité méridionale de ce quartier militaire,
se trouvent les abris d'un établissement thermal. Une légende
populaire, pendant très longtemps, voulut voir dans ces ruines
les vestiges d'un palais de Jugurtha ; mais la disposition des lieux,
ainsi qu'on en peut juger par les restes de deux magnifiques portails
et par ceux de deux fours placés en contrebas du sol, ne laisse
subsister aucun doute sur l'affectation de ce monument à des bains
comme il s'en trouvait dans toutes les cités romaines de quelque
importance La présence d'eaux chaudes naturelles dans le voisinage
même du monument, eaux recueillies dans une citerne, confirme encore
cette hypothèse qui nous parait la plus plausible et la mieux fondée.
Les vestiges de l'ancien théâtre occupent une assez vaste
superficie. On y voit, sous les herbes folles qui se sont emparées
de la place, les traces de gradins en amphithéâtre du haut
desquels le peuple assistait au spectacle. Au dernier étage de gradins, deux
grandes ouvertures indiquent les portes du théâtre, les "vomitonums",
par où pénétrait et sortait la foule.L'emplacement
de ce théâtre paraît avoir été exprès
choisi par les Romains pour la plus belle fête des yeux, car, au
delà de la scène, du "proscenium", le regard plonge, aujourd'hui
comme alors, sur le splendide panorama de la vallée de la Seybouse,
étalant au pied des montagnes, massées en barrière
violette à l'horizon, la splendeur de ses rives toutes vertes et
couvertes de frais ombrages, sous lesquels ce cours d'eau laisse entrevoir
par échappées ses capricieux méandres. Sans préjuger, faute de preuves
suffisantes, sur ce que devait être l'antique cité romaine
de Calama, on peut toutefois soupçonner sa grandeur, son importance
par ces deux monuments : les thermes et le théâtre. La ville
moderne la suit dans cette voie, car, depuis sa fondation relati- vement
récente, étant donné le rôle exclusivement
militaire qu'elle joua pendant la première période de la
conquête, elle a pris, elle aussi, une grande extension que la place
immédiatement après Bône et Philippeville parmi les
grandes sous-préfectures du département de Constantine.
Son plan tracé au cordeau, ses vastes rues droites et longues,
du centre desquelles la vue s'étend jusqu'à l'enceinte de
la ville, et qui se coupent à angles rigoureusement droits, tout
atteste l'origine militaire dont nous parlions plus haut. De la gare, située au nord-est
de la ville, à une distance d'environ 800' mètres, on pénètre
dans Guelma par la porte de Bône après avoir parcouru une
magnifique avenue spacieuse plantée d'arbres superbes qui, l'été
et aux belles journées d'hiver, est un des buts de promenade les
plus fréquentés de la population. La rue de Bône,
(rue Sadi Camot) une des plus belles de Guelma, continue à travers
la ville l'avenue de la gare et aboutit devant la place de Saint Augustin,
ornée en son milieu d'une coquette fontaine, où de jeunes
tritons, jonchés sur des cygnes, font jaillir du bec des oiseaux
de hauts jets d'eau scintillant de mille feux à travers les feuillages
des arbres qui, sur plusieurs rangées, embellissent à ravir
les quatre côtés de cette mignonne place particulièrement
affectionnée par les habitants. La Rue Sadi Carnot Là aussi ont lieu les auditions
musicales de la société "Philharmonique" et toutes les principales
réjouissances publiques offertes à la population dans le
cours de l'année. En creusant les fondations de la fontaine, qui
orne de si heureuse manière le centre de la place Saint Augustin,
on trouva, il y a trente ans environ, une superbe mosaïque représentant
le "Triomphe d'Amphitrite", ce beau sujet de la mythologie, autour duquel
les artistes païens aimaient à exercer leur subtile imagination.
M. Papier, l'honorable président de l'Académie d'Hippone,
a décrit, avec tout le talent et toute la science qui le distinguent,
cet antique vestige de la splendeur dont jouissait Guelma à l'époque
de la domination romaine. En face de l'un des hôtels qui se dressent
aux deux angles de la place sur un portique d'arcades du plus gracieux
effet, se voit une maison de construction récente (1886). L'originalité
de ce bâtiment consiste en sa terrasse, surmontée d'une sorte
de bastion crénelé, qui lui donne les apparences d'un fortin
moyenâgeux enfermé au centre d'une construction de style
moderne. Les deux plus grands cafés de Guelma, le "Café
Glacier" et le "Café du Globe", occupent les rez de chaussées
des belles maisons de la place. Le côté de la place, occupé
par les immeubles Chuchana, était il y a dix ans à peine,
couvert d'un magnifique jardin public, dont quelques arbres et quelques
plantes subsistent seuls encore dans la cour du "Café du Globe".
L'église
St Possidius Au nord-ouest de la place, s'élève
l'église cathédrale, consacrée à
saint Possidius, disciple et biographe de Saint Augustin.
Dans le prolongement de la place, tout contre les murailles de l'enceinte
militaire, qui l'enserre sur deux de ses côtés, tandis
que la rue Saint Ferdinand le borde sur sa longueur, s'ouvre le
square de la République, vaste et splendide jardin public,
très bien entretenu, ombragé d'arbres nouveaux et
rempli de fleurs variées, dont l'éclat le dispute
au parfum. Contre les fortifications du quartier
militaire on a rassemblé en un musée en plein vent
la plupart des débris de l'occupation romaine qui ont eu
la bonne fortune d'échapper au vandalisme des successeurs
des maîtres du monde. Ce sont des inscriptions épigraphiques
et tumulaires, dont quelques unes datent des derniers temps de l'empire
romain, tandis que d'autres remontent aux temps de la domination
lybique et phénicienne. On trouve là une preuve matérielle
de l'origine carthaginoise de la vieille cité de "Calama"
qui, en punique, s'appelait "Malaca" (Royale). La Sous-préfecture En face du même square, vers
le tiers supérieur de la rue Saint Fer-dinand, se trouve
l'hôtel de la sous-préfecture. Dans la première rue transversale,
la rue Sainte Hélène, se trouve la mairie, modeste
bâtiment qui, lui aussi, ne répond plus au développement
et à l'importance de la ville moderne. Par la rue Sainte Hélène
on descend sur la "place du théâtre", plantée
de magnifiques arbres. A l'ouest de la place passe la rue de
la Pépinière qui conduit à l'une des portes de la
ville, la porte de la Pépinière, ainsi nommée parce
qu'y aboutit la route conduisant à ce domaine communal placé
à un kilomètre et demi environ de l'enceinte de la ville,
dans la direction du sud-est. Dans la partie méridionale de cette
rue se trouvent la justice de paix, de construction récente, l'école
laïque de garçons, enfin au coin des rues de Bône, de
la Pépinière et de l'Abreuvoir, la gendarmerie nationale,
environnée sur l'une de ses faces d'un coquet jardinet. A son extrémité
vient aussi aboutir la "rue d'Anouna" parcourant la ville dans sa plus
grande longueur (1 kilomètre environ), large et rigoureusement
droite, comme toutes les voies tracées, au moment de l'occupation,
par le génie militaire. C'est la seule rue de Guelma qui, avec
ses étroites boutiques de marchands d'étoffés mozabites
aux chatoyants étalages de foulards et de tissus, avec ses relents
de suint musqué, avec ses originales boutiques de barbiers, de
bouchers, de cafetiers indigènes, avec, dans sa partie supérieure,
sur la gauche en montant, au fond d'une placette, le minaret gracile d'une
mosquée entourée d'un encorbellement de marbre rosé
délicatement découpé en moucharabies, ait conservé
un reste de physionomie mauresque, tout en apparence, d'ailleurs, car
la plupart des maisons, bien qu'affectées à des industries
indigènes, sont de construction européenne et datent de
l'occupation française. Guelma est, en effet, avec Philippeville,
Batna et Sétif, l'une des sous-préfecture du département
de Constantine qui peuvent se prévaloir à juste titre de
leur origine exclusivement française. L'Arabe ne s'y est implanté qu'après
nous et à l'occasion de notre occupation. Aussi ne faut-il pas
s'attendre à y trouver cette singularité d'aspect qui caractérise,
dans d'autre villes algériennes comme Alger, Constantine, Bône,
Tiemcen, Mascara, les quartiers privitivement occupés par les Maures.
Guelma s'est honoré d'une autre manière en conservant à
la plupart de ses mes et places les noms destinés à rappeler
la splendeur passée de la région, dont elle occupe l'un
des principaux centres. Ainsi, la "place Salluste", à l'extrémité
de la rue d'Anouna, devant la porte de ce nom, la "rue Caton", la "rue
Barberousse", à l'extrémité occidentale de la ville,
la "rue Béhsaire", le long des remparts du côté de
Constantine et de la porte de ce nom, la "rue des Numides", de la porte
de Constantine au "Théâtre romain", la "rue Scipion", qui
traverse transversalement la ville dans sa partie supérieure, la
"rue de Carthage", sur le côté méridionale de la place
du Théâtre, la "rue Saint-Possidius", sur le côté
oriental de l'église, la "rue Saint-Cypnen", devant le marché
aux légumes, la "rue d'Anouna", elle même, la "place Saint
Augustin" rappellent aux générations présentes les
différentes phases historiques traversées par leur ville
depuis l'occupation lybique jusqu'aux derniers jours de l'empire romain
et aux premiers temps de l'ère chrétienne. Parallèlement
aux rues d'Anouna et de Bône, entre elles deux, monte en pente douée
une des plus belles rues européennes de Guelma, la rue Saint-Louis,
qui, à son extrémité inférieure, après
avoir traversé la place Saint-Augustin qu'elle sépare de
l'esplanade de l'église, prend le nom de rue Saint-Augustin. Là,
bat son plein le commerce européen de Guelma. Entrée
de l'école d'Agriculture (1951) Monument aux morts On y remarque l'hôtel des postes et télégraphes, récemment construit, de belles vitrines, les principaux magasins de la ville et, à la partie supérieure, la prison civile véritable monument du genre, dont la façade donne sur la rue de Bône, à quelques mètres de la "porte Hackett", par où l'on pénètre dans l'enceinte exclusivement militaire, la Casbah, si l'on veut, pour conserver une dénomination générale en Algérie, où se trouvent les casernes, l'hôpital militaire, les ruines des Thermes romains et tous les autres bâtiments affectés à l'armée. Le quartier militaire, la Casbah, justifie l'origine militaire française de la ville. Comme à Batna, comme à Sétif, c'est presque une seconde ville dans la première. Des rues bordées de casernes monumentales, bien aérées, des places plantées d'arbres et environnées de logements d'officiers et de cantines divisent sa superficie, le 1/8 ème environ de celle de la ville, qui, en totalité, couvre 470 hectares. On remarque encore, dans le Casbah, un hôpital militaire de belle et solide construction, fort bien aménagé et entretenu, omé des jardins coquets destinés aux promenades des malades convalescents. L'animation de ce quartier est toute due naturellement aux zouaves et soldats de toutes armes qui y jettent la note bruyante et gaie de la vie des camps. La porte Hackett, entrée de la Casbah en ville, est réunie à la porte de la Casbah donnant sur la campagne par une large rue qui traverse tout le quartier militaire et itinue la "rue Négrier" parcourantt la ville dans sa plus grande lareur. Les portes de la Casbah et de Pépinière, au sud, la porte de hône, à l'est, la porte d'Anouna, au nord ouest, par où l'on accède au marché aux bestiaux, point culminant de la ville, la porte de Constantme ou de Medjez-Amar est la seule issue de la ville vers le nord. Bien que peu élevée et d'accès facile, la ceinture des fortifications, qui environne et ferme complètement la ville, a été pendant longtemps suffisante pour tenir en respect les tribus belliqueuses de la contrée, dominée, comme elle l'est, par les hauteurs du Djebel Hallouf au sud, et par une colline qui commande la ville au nord est sur la nve droite de la Seybouse. Outre les jardins publics, déjà mentionnés, la ville est ornée de jardins privés qui font de certaines maisons de véritables villas au centre même de Guelma. C'est ainsi que l'Oratoire protestant, boulevard du Sud, offre l'aspect d'un véritable nid de verdure. Le long des remparts, du côté est de la ville et au sud, un boulevard large et bien ombragé offre aux habitants un but de promenade dans l'enceinte même des fortifications. Le square et la place Saint Augustin, par leur situation centrale, demeurent cependant les endroits les plus fréquentés de l'intérieur de la ville.
Par son exceptionnelle situation au centre géographique d'une des plus riches contrées du département de Constantine, arrosée par un des plus importants cours d'eau d'Algérie, Guelma, bien qu'érigée en commune depuis 1858 seulement, a pris un rapide développement. Sa population, qui n'était en 1858 que de 3585 habitants, tant Européens qu'indigènes, s'est élevée progressivement à 6 000 habitants (1884) et est aujourd'hui sur le point d'atteindre le chiffre de 8 000. La création du chemin de fer de Bône à Guelma avec prolongement jusqu'à Constantine par le Kroubs a, certes, beaucoup contribué à l'essor de cette cité naissante ; mais, comme il n'y a pas de progrès sans contre coups fâcheux, au moins pendant un certain temps, le commerce de céréales, depuis longtemps une des sources principales de revenus de la ville, s'est ralenti par suite des facilités de transport offertes par le chemin de fer aux centres avoisinants, qui n'ont plus dès lors cherché l'écoulement de leurs produits à Guelma. Les céréales ne sont pas, d'ailleurs, l'unique ressource de la commune.
Des forêts d'oliviers environnent Guelma dans toutes les directions et produisent une huile excellente. La vigne peut être cultivée avec profit, quoiqu'elle n'ait pas pris ici toute l'extension qu'on lui a donnée dans les régions de Bône et de Souk- Ahras. Les magnifiques carrières de marbres colorés de la Mahouna (à six kilomètres de la ville, au sud), deviendront aussi rapidement une des principales sources de richesses de Guelma. Les laines, l'huile, les blés et la pierre à bâtir, que l'on rencontre aux portes mêmes de la ville, sont les principaux débouchés offerts sur place par la nature à l'industrie locale. La ville, depuis quelques années, est éclairée à l'électricité. Une usine à vapeur, bien outillée, alimente l'éclairage public et celui des particuliers qui ont jugé à propos de recourir à ce nouveau système, dont la supériorité sur l'éclairage au gaz s'affirme chaque jour davantage et deviendra complète, quand l'emploi de l'électricité aura été vulgarisé par le bon marché du prix de revient. Extraits d'un texte, non datés, mais qui a vraisemblablement été écrit dans les années 1888/1902.. Guelma 89 Crédit PNHA NB: Voir d'autres images cliquez sur l'icone 'des albums souvenirs', ci-dessous
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