II serait prétentieux que de vouloir traiter en quelques lignes 126 ans de présence Française. Nous voulons éviter de dénaturer notre documentation en la diluant dans un flot de textes et de commentaires. Notre récit est la transcription fidèle de nos archives ou de notre documentation. Il aborde l'arrivée des troupes Française, les quelques dates qui firent Guelma, pour terminer avec ce qu'était cette ville 50 ans plus tard. nb: Pour les autres images cliquez l'icone 'des albums souvenirs' ci-dessus) Pour un peu d'histoire de la région guelmoise (dans l'antiquité) (cliquez)
Une pluie glaciale accompagne la marche de la colonne, le gros de l'année ne traverse point la Seybouse et campe dans la plaine qui se trouve de nos Jours entre la route d 'Heliopolis, celle de Kellermann et la rivière (Seybouse). Le 16, les troupes plient bagages et gagnent Medjez-Amar laissant 200 malades et 150 000 cartouches que l'on ne peut transporter faute de moyens Le Maréchal Clauzel et son état ma/or, arrivent le 21 avril devant les murailles de Constantine, après une marche épuisante dans la boue sous la pluie et la neige Dans la nuit du 25 au 26, ordre est donne d'attaquer la place a l'est et a l'ouest a la fois et de donner l'assaut aux quatre portes Dans la masse compacte des assaillants tous les coups portent Les sapeurs charges de sac de poudre destines a soulever les lourds vantaux tombent un a un / A cinq heures du matin l'ordre de retraite est donne elle se fait dans des conditions effroyables. Le général duc de Caraman, un vieillard de 75 ans, arrache (du Général Clauzel) ce glorieux éloge "II y a au dessus de tous ces mal heureux événements, une chose qui m étonne et qui fait mon admiration c'est la résignation avec laquelle le soldat supporte ses misères il n'a ni a boire ni a manger, il se bat du matin au soir , il peut se coucher c'est dans la boue , pas une plainte ne sort de sa bouche c'est admirable " Le 11 janvier 1837, le général Clauzel quitte Alger pour ne plus revenir Pendant ce temps la garnison de Guelma résistait victorieusement a l'attaque de 2 000 à 3 000 mdigènes A la fin de septembre 1837, le colonel Duvivier partit avec l'armée pour prendre part à la seconde expédition (victorieuse) de Constantine Ainsi, désormais a la retraite le Général Clauzel aura la satisfaction d'apprendre la prise de Constantme moins d'un an après son échec Quand l'occupation de Guelma fut décidée de préférence a celle de Medjez-Amar, on éleva d'abord des bâtiments permanents. Le général Duvivier fut croyons nous le premier commandant supérieur de Guelma C'est lui qui fit ouvrir le chemin Duvivier qui gravissait les collines au sud pour ouvrir la route la plus courte sur Medjez Amar alors préféré a Guelma Un budget présente par la commission administrative pour l'exercice de 1845 renfermait les articles suivants:
En 1846, la place de Guelma fut érigée en chefferie indépendante de Bône.
En 1849 en fin d'année Guelma renfermait une population de 200 colons. Au mois d'août 1850 il était compté : 690 européens et 130 arabes. En 1870 : 3630, en 1876 : 5233, en 1882 : 5627, en 1884 : 6056, en 1886 : 6271, en 1896 : 6667, en 1901 : 7679, en 1906: 10214 habitants. Construction de la mosquée vers 1850. Le 10/04/1850, il était demandé de fixer la délimitation définitive entre les cercles de Guelma et de Constantine en réservant autour de Guelma un large espace pour la colonisation afin de cantonner les arabes dans des terrains aujourd'hui presque vides. 08/06/1883 : Enquête sur la province de Constantine afin qu'elle soit divisée en trois départements : Souhaits que Guelma soit le chef lieu du département de la Seybouse. Note du bureau de l'association "Guelma 89" : En quelques dates et points de repaires nous avons retracé très rapidement, sans les développer, les moments importants du début et de la colonisation de Guelma. Notre documentation vaste et riche en archives nous permettra d'écrire des centaines de pages relatant l'histoire de Guelma et des villages alentours. Ces textes et cartes d'époque, ont fait l'objet depuis d'une parution dans un livre que l'association "Guelma 89" vient d'éditer. La suite que nous vous donnons à lire est la résultante d'un peuple qui créa par son travail, une région où il faisait bon vivre. Guelma à la fin du siècle dernier :La ville
Calama, ville romaine voisine de "Suthul", la capitale des rois Numides, dont Jugurtha fut un de ceux qui opposèrent la plus vive et la plus longue résistance aux Romains. D'importants vestiges attestent, d'ailleurs, la véracité de cette hypothèse que l'on peut considérer jusqu'à présent comme l'expression la plus exacte de la vérité. Il s'agit d'abord les ruines d'un théâtre romain construit dans les années 372 à l'époque de Valentinien. Dans l'enceinte de la Casbah, à l'extrémité méridionale de ce quartier militaire, se trouvent les abris d'un établissement thermal. Une légende populaire, pendant très longtemps, voulut voir dans ces ruines les vestiges d'un palais de Jugurtha ; mais la disposition des lieux, ainsi qu'on en peut juger par les restes de deux magnifiques portails et par ceux de deux fours placés en contrebas du sol, ne laisse subsister aucun doute sur l'affectation de ce monument à des bains comme il s'en trouvait dans toutes les cités romaines de quelque importance La présence d'eaux chaudes naturelles dans le voisinage même du monument, eaux recueillies dans une citerne, confirme encore cette hypothèse qui nous parait la plus plausible et la mieux fondée. Les vestiges de l'ancien théâtre occupent une assez vaste superficie. On y voit, sous les herbes folles qui se sont emparées de la place, les traces de gradins en amphithéâtre du haut desquels le peuple assistait au spectacle. Au dernier étage de gradins, deux grandes ouvertures indiquent les portes du théâtre, les "vomitonums", par où pénétrait et sortait la foule.L'emplacement de ce théâtre paraît avoir été exprès choisi par les Romains pour la plus belle fête des yeux, car, au delà de la scène, du "proscenium", le regard plonge, aujourd'hui comme alors, sur le splendide panorama de la vallée de la Seybouse, étalant au pied des montagnes, massées en barrière violette à l'horizon, la splendeur de ses rives toutes vertes et couvertes de frais ombrages, sous lesquels ce cours d'eau laisse entrevoir par échappées ses capricieux méandres. Sans préjuger, faute de preuves suffisantes, sur ce que devait être l'antique cité romaine de Calama, on peut toutefois soupçonner sa grandeur, son importance par ces deux monuments : les thermes et le théâtre. La ville moderne la suit dans cette voie, car, depuis sa fondation relati- vement récente, étant donné le rôle exclusivement militaire qu'elle joua pendant la première période de la conquête, elle a pris, elle aussi, une grande extension que la place immédiatement après Bône et Philippeville parmi les grandes sous-préfectures du département de Constantine. Son plan tracé au cordeau, ses vastes rues droites et longues, du centre desquelles la vue s'étend jusqu'à l'enceinte de la ville, et qui se coupent à angles rigoureusement droits, tout atteste l'origine militaire dont nous parlions plus haut. De la gare, située au nord-est de la ville, à une distance d'environ 800' mètres, on pénètre dans Guelma par la porte de Bône après avoir parcouru une magnifique avenue spacieuse plantée d'arbres superbes qui, l'été et aux belles journées d'hiver, est un des buts de promenade les plus fréquentés de la population. La rue de Bône, (rue Sadi Camot) une des plus belles de Guelma, continue à travers la ville l'avenue de la gare et aboutit devant la place de Saint Augustin, ornée en son milieu d'une coquette fontaine, où de jeunes tritons, jonchés sur des cygnes, font jaillir du bec des oiseaux de hauts jets d'eau scintillant de mille feux à travers les feuillages des arbres qui, sur plusieurs rangées, embellissent à ravir les quatre côtés de cette mignonne place particulièrement affectionnée par les habitants.
Là aussi ont lieu les auditions musicales de la société "Philharmonique" et toutes les principales réjouissances publiques offertes à la population dans le cours de l'année. En creusant les fondations de la fontaine, qui orne de si heureuse manière le centre de la place Saint Augustin, on trouva, il y a trente ans environ, une superbe mosaïque représentant le "Triomphe d'Amphitrite", ce beau sujet de la mythologie, autour duquel les artistes païens aimaient à exercer leur subtile imagination. M. Papier, l'honorable président de l'Académie d'Hippone, a décrit, avec tout le talent et toute la science qui le distinguent, cet antique vestige de la splendeur dont jouissait Guelma à l'époque de la domination romaine. En face de l'un des hôtels qui se dressent aux deux angles de la place sur un portique d'arcades du plus gracieux effet, se voit une maison de construction récente (1886). L'originalité de ce bâtiment consiste en sa terrasse, surmontée d'une sorte de bastion crénelé, qui lui donne les apparences d'un fortin moyenâgeux enfermé au centre d'une construction de style moderne. Les deux plus grands cafés de Guelma, le "Café Glacier" et le "Café du Globe", occupent les rez de chaussées des belles maisons de la place. Le côté de la place, occupé par les immeubles Chuchana, était il y a dix ans à peine, couvert d'un magnifique jardin public, dont quelques arbres et quelques plantes subsistent seuls encore dans la cour du "Café du Globe".
A l'ouest de la place passe la rue de la Pépinière qui conduit à l'une des portes de la ville, la porte de la Pépinière, ainsi nommée parce qu'y aboutit la route conduisant à ce domaine communal placé à un kilomètre et demi environ de l'enceinte de la ville, dans la direction du sud-est. Dans la partie méridionale de cette rue se trouvent la justice de paix, de construction récente, l'école laïque de garçons, enfin au coin des rues de Bône, de la Pépinière et de l'Abreuvoir, la gendarmerie nationale, environnée sur l'une de ses faces d'un coquet jardinet. A son extrémité vient aussi aboutir la "rue d'Anouna" parcourant la ville dans sa plus grande longueur (1 kilomètre environ), large et rigoureusement droite, comme toutes les voies tracées, au moment de l'occupation, par le génie militaire. C'est la seule rue de Guelma qui, avec ses étroites boutiques de marchands d'étoffés mozabites aux chatoyants étalages de foulards et de tissus, avec ses relents de suint musqué, avec ses originales boutiques de barbiers, de bouchers, de cafetiers indigènes, avec, dans sa partie supérieure, sur la gauche en montant, au fond d'une placette, le minaret gracile d'une mosquée entourée d'un encorbellement de marbre rosé délicatement découpé en moucharabies, ait conservé un reste de physionomie mauresque, tout en apparence, d'ailleurs, car la plupart des maisons, bien qu'affectées à des industries indigènes, sont de construction européenne et datent de l'occupation française. Guelma est, en effet, avec Philippeville, Batna et Sétif, l'une des sous-préfecture du département de Constantine qui peuvent se prévaloir à juste titre de leur origine exclusivement française. L'Arabe ne s'y est implanté qu'après nous et à l'occasion de notre occupation. Aussi ne faut-il pas s'attendre à y trouver cette singularité d'aspect qui caractérise, dans d'autre villes algériennes comme Alger, Constantine, Bône, Tiemcen, Mascara, les quartiers privitivement occupés par les Maures. Guelma s'est honoré d'une autre manière en conservant à la plupart de ses mes et places les noms destinés à rappeler la splendeur passée de la région, dont elle occupe l'un des principaux centres. Ainsi, la "place Salluste", à l'extrémité de la rue d'Anouna, devant la porte de ce nom, la "rue Caton", la "rue Barberousse", à l'extrémité occidentale de la ville, la "rue Béhsaire", le long des remparts du côté de Constantine et de la porte de ce nom, la "rue des Numides", de la porte de Constantine au "Théâtre romain", la "rue Scipion", qui traverse transversalement la ville dans sa partie supérieure, la "rue de Carthage", sur le côté méridionale de la place du Théâtre, la "rue Saint-Possidius", sur le côté oriental de l'église, la "rue Saint-Cypnen", devant le marché aux légumes, la "rue d'Anouna", elle même, la "place Saint Augustin" rappellent aux générations présentes les différentes phases historiques traversées par leur ville depuis l'occupation lybique jusqu'aux derniers jours de l'empire romain et aux premiers temps de l'ère chrétienne. Parallèlement aux rues d'Anouna et de Bône, entre elles deux, monte en pente douée une des plus belles rues européennes de Guelma, la rue Saint-Louis, qui, à son extrémité inférieure, après avoir traversé la place Saint-Augustin qu'elle sépare de l'esplanade de l'église, prend le nom de rue Saint-Augustin. Là, bat son plein le commerce européen de Guelma.
Par son exceptionnelle situation au centre géographique d'une des plus riches contrées du département de Constantine, arrosée par un des plus importants cours d'eau d'Algérie, Guelma, bien qu'érigée en commune depuis 1858 seulement, a pris un rapide développement. Sa population, qui n'était en 1858 que de 3585 habitants, tant Européens qu'indigènes, s'est élevée progressivement à 6 000 habitants (1884) et est aujourd'hui sur le point d'atteindre le chiffre de 8 000. La création du chemin de fer de Bône à Guelma avec prolongement jusqu'à Constantine par le Kroubs a, certes, beaucoup contribué à l'essor de cette cité naissante ; mais, comme il n'y a pas de progrès sans contre coups fâcheux, au moins pendant un certain temps, le commerce de céréales, depuis longtemps une des sources principales de revenus de la ville, s'est ralenti par suite des facilités de transport offertes par le chemin de fer aux centres avoisinants, qui n'ont plus dès lors cherché l'écoulement de leurs produits à Guelma. Les céréales ne sont pas, d'ailleurs, l'unique ressource de la commune.
Des forêts d'oliviers environnent Guelma dans toutes les directions et produisent une huile excellente. La vigne peut être cultivée avec profit, quoiqu'elle n'ait pas pris ici toute l'extension qu'on lui a donnée dans les régions de Bône et de Souk- Ahras. Les magnifiques carrières de marbres colorés de la Mahouna (à six kilomètres de la ville, au sud), deviendront aussi rapidement une des principales sources de richesses de Guelma. Les laines, l'huile, les blés et la pierre à bâtir, que l'on rencontre aux portes mêmes de la ville, sont les principaux débouchés offerts sur place par la nature à l'industrie locale. La ville, depuis quelques années, est éclairée à l'électricité. Une usine à vapeur, bien outillée, alimente l'éclairage public et celui des particuliers qui ont jugé à propos de recourir à ce nouveau système, dont la supériorité sur l'éclairage au gaz s'affirme chaque jour davantage et deviendra complète, quand l'emploi de l'électricité aura été vulgarisé par le bon marché du pnx de revient. Extraits d'un texte, non datés, mais qui a vraisemblablement été écrit dans les années 1888/1902.. Guelma 89 Crédit PNHA NB: Voir d'autres images cliquez sur l'icone 'des albums souvenirs', ci-dessous
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